éclair obscur
26 octobre 2012 § 7 Commentaires
dessin rencontre inspiré par Nico le 22 octobre chez Bouillon Chartier

Transmutation
Au creuset de ma tête
où kilos et kilos de souvenirs
font un bruit de feuilles sèches,
dès que ta forme jaillit
je sens couler de l’or.
(Michel Leiris)


Chaque jour
Chaque jour le voyage
dans les couloirs du matin
Interroger quelques portes
Un visage une absence
ou la route de pluie
par un matin d’automne
Puis s’accouder
La feuille la table
la solitude
Les yeux fermés
La plume glisse.
(Georges Jean)
ouroboros
25 octobre 2012 § 2 Commentaires
dessin rencontre inspiré par Djé, le 21 octobre en buvant des jus d’ananas près du Palais Royal…..

(…)
Je verrai dans tes yeux l’universel amour,
Dans les miens tu liras la millénaire attente,
Nous sentirons en nous cette sève exaltante
Qui de chaque jour fait le jour.
Enfin nous comprendrons la splendeur de la vie,
Le besoin qui s’y vient confondre de la mort,
Et la marche éternelle — et dont rien ne dévie —
Vers un éternel âge d’or.
(Pascal Bonetti) extrait de l’hymne éternel

quête
24 octobre 2012 § Poster un commentaire
dessin rencontre pour Nana , 20 octobre 2012 à la Halle Saint-Pierre …

La conquête de l’immédiat
Il y a dans toute prose
une manière de pose.
Le vers est le tapis de l’instant,
la rime est son ornement.
Ce qui sort du cœur et du moment
se fait poème spontanément.
(Henri-Frédéric Blanc)
Chostakovitch
13 octobre 2012 § 2 Commentaires
dessiné ce soir pendant Symphonie N° 14 pour soprano et basse de Chostakovitch
par l’OSR au Victoria Hall…
Il est en elle une flamme miraculeuse,
En sa présence le reste s’estompe.
Elle seule parle avec moi
Quand les autres ont peur de m’approcher.
Quand le dernier ami a détourné ses yeux,
Elle a été avec moi dans ma tombe
Et elle a chanté comme le premier orage
Ou comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.
La Musique
d’Anna Akhmatova
à Muriel, créature harmonique et cosmique
apporté par les étoiles
7 octobre 2012 § Poster un commentaire

Non le ciel ne tombera pas sur sa tête
bien que l’homme trahisse comme il respire
( « Je ne sais pas jouer au golf » d’Aragon )
dessin rencontre réalisé à distance sur un tirage de deux cartes et d’une phrase pour un jardinier qui cultive l’impatience… mais pas seulement…
à Philippe
états du coeur
2 octobre 2012 § Poster un commentaire

Vider mon Cœur, de Toi —
Son unique Artère —
Commencer, et T’omettre —
Simple Date d’Extinction —

Empty my Heart, of Thee —
It’s single Artery —
Begin, and leave Thee out —
Simply Extinction’s Date —

Emily Dickinson
Marilyn oxychlorée
17 septembre 2012 § 2 Commentaires
dessin collage à propos de l’usage des pesticides dans le jardin…
ô le doux parfum des salades… à grand fou
La Madone aux Lys
J’ai bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés
Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.
Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.
Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.
Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.
Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.
Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.
O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,
Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.
(Renée Vivien)
luné
16 septembre 2012 § Poster un commentaire
J’étais entouré de solitude ce soir-là et lisais un livre.
Mon coeur se desséchait, il me semblait que la beauté était façonnée par des marchands de paroles.
Je fermai le livre avec lassitude et soufflai la chandelle.
En un instant la chambre s’emplit de lune.
Esprit de Beauté, comment pouvais-tu,
toi dont l’éclat inonde le ciel,
rester caché derrière une minuscule flamme de bougie ?
Comment quelques vains mots d’un livre
pouvaient-ils monter comme une brume et te voiler,
toi dont la voix apporte au coeur de la terre un calme ineffable ?
(Rabindranath Tagore)
lucide
11 septembre 2012 § 4 Commentaires
Passe un papillon devant moi
Et pour la première fois dans l’Univers je remarque
Que les papillons n’ont pas plus de couleur que de mouvement,
De même que les fleurs n’ont pas plus de parfum que de couleur.
C’est la couleur qui a de la couleur sur les ailes du papillon,
Dans le mouvement du papillon c’est le mouvement qui se meut,
C’est le parfum qui a du parfum dans le parfum de la fleur.
Le papillon, est, sans plus, papillon,
Et la fleur, fleur, sans plus.
(Fernando Pessoa)
dessin rencontre de ce jour
me révélant
…parce que j’aime tellement ça…
quelle couleur a cette rencontre
quel mouvement dessine mon pinceau
mouvement et couleur… spectre du papillon
à Fabrice
je te vois
6 septembre 2012 § Poster un commentaire

Non-vision
Heure nulle, citerne
où ma pensée
elle-même se boit.
Un instant immense
j’ai oublié mon nom.
Peu à peu je dénais,
diaphane avènement.
(Octavio Paz)






