en douceur avec vous

24 novembre 2015 § Poster un commentaire

pour Carmen et ma maman …

dans le carnet de Kajan 5

[…]

Douceur de ce silence et de ne plus savoir
S’analyser et d’être à ce point qu’on croit voir
Des fils d’ombre dans la chambre de sa mémoire
Descendre et se confondre en une tache noire
Comme la toile d’une araignée où l’essor
Des songes va finir son vol de mouches d’or.
Et tout s’éteint ! Plus de rêve qui se dévide !
Douceur ! penser du vague et regarder du vide !

Georges Rodenbach

le canal

21 novembre 2015 § 2 Commentaires

 

FullSizeRender(4)sur le bord de la route, un panneau indique partage des eaux…  au loin le canal propose une mystérieuse promenade… plus rien ne peut arriver et les petites maisons ressemblent à des villégiatures pour fantômes… mon esprit bat la campagne et cette vision le traverse comme ce canal

en carnet incarné

12 novembre 2015 § 1 commentaire

mosaïque des quelques-uns de mes carnets dessinés… 

Pour moi, si j’ai tant griffonné de carnets, ce n’a jamais été que pour surprendre un brin des musiques de l’inconcevable existence, percevant aux heures de gloire l’universelle harmonie dans le crissement d’une cigale. Henri Thomas

variation rouge en carnets par Kajan(c)

Qu’est-ce qu’un coeur
dans un carnet

Un silence creuse l’écriture
et lui fait une âme

Personne à l’horizon
le nom n’a pas d’apparence

Qui fait du bruit
n’a pas de bouche amoureuse

Les mains jettent des paysages
un lac tombe dans mes yeux

Claudine Bertrand ………………………..trouvé chez Arbralettres

drôle d’équilibre

26 octobre 2015 § Poster un commentaire

encore un dessin rencontre… inspiré par deux cartes de tarot à jouer et une phrase au hasard… dans une énergie de fin de dimanche approchant…

dessin rencontre par Kajan© 24.10.2015

qui est ce drôle de personnage ? un fou se promène sur le bord d’une roue… la frange d’une comète… le rebord de la fin du monde… ou du commencement… ce livre le rend peut-être invincible… ou invisible…

dessin rencontre par Kajan© 24.10.2015 négatif détail 2

Au secret de la source et de la foudre
L’ombre chantait ancienne autour de ta jeunesse.
Je lisais au bond de la flamme une caresse
De nos regards, de notre songe, avant que s’ouvrent
La nuit, et cet affrontement tendre ou cruel
Où nous fûmes jetés pareils
Au secret de la source et de la foudre.

Georges-Emmanuel Clancier

dessin rencontre par Kajan© 24.10.2015 négatif détail 3

Au commencement était le mot, le mot
Qui des bases solides de la lumière
A dérobé toutes les lettres du vide.

Dylan Thomas

dessin rencontre par Kajan© 24.10.2015 négatif détail 1

pour ma vieille copine Corinne qui a déjà gravi des volcans en dansant…

rencontre en dessin

23 octobre 2015 § 2 Commentaires

dessin improvisé à partir d’un idéogramme, d’un mot symbolique et d’une carte tirés au hasard…

dessin rencontre 21.10.2015 par Kajan(c)

apparue en soirée… la fiancée puise ses forces dans le sol céleste et fait germer le champ de ses pensées… les gardiens se sont tus… le regard du père semble bienveillant… elle est prête à rencontrer le fiancé de son âme… celui qui la laissera libre et tranquille pour toujours… la musique de son sang chante en rouge… elle l’écoute

**********************************************

La couronne effeuillée

J’irai, j’irai porter ma couronne effeuillée
Au jardin de mon père où revit toute fleur ;
J’y répandrai longtemps mon âme agenouillée :
Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.

J’irai, j’irai lui dire au moins avec mes larmes :
 » Regardez, j’ai souffert…  » Il me regardera,
Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes,
Parce qu’il est mon père, il me reconnaîtra.

Il dira:  » C’est donc vous, chère âme désolée ;
La terre manque-t-elle à vos pas égarés ?
Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ;
Voici votre maison, voici mon coeur, entrez !  »

Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père !
Votre enfant qui pleurait, vous l’avez entendu !
Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère
Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu.

Vous ne rejetez pas la fleur qui n’est plus belle ;
Ce crime de la terre au ciel est pardonné.
Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle,
Non d’avoir rien vendu, mais d’avoir tout donné.

Marceline Desbordes-Valmore

merci arbrealettres

coeur gros

11 octobre 2015 § Poster un commentaire

coeur gros par Kajan(c)

Lourd
était son coeur
sur la grève,
un pépiement de passereau.
Pier Paolo Pasolini

dessiné il y a peu au café d’en-bas et dédié à tous les amoureux du dimanche soir…

à quoi ça sert

7 octobre 2015 § 3 Commentaires

     de jeter son mégot parterre ?

le mecgot par Kajan (c)

qu’est-ce que ça veut dire ? à quoi correspond ce désir ? … salir ? marquer son territoire ? laisser un peu de soi consumé ? je consomme et me consume … je suis éteint … 

mégot prostré par Kajan(c)

je me suis posé ces questions en les ramassant dans la rue en-bas de chez moi… je les ai enlevés patiemment d’un bout de terrain planté entre les voitures… et le lendemain tout était comme si je n’avais rien fait …


⦿

Apprentis distants
du plus proche,
connaisseurs de la rose
qui ne peuvent la respirer,
vivants d’une vie
qui se consume en se vivant,
lanceurs d’un filet
qui se retourne et les capture,
voyageurs d’une distance qui n’existe pas.
Pourquoi commencer
si tout débute
où ils finissent ?
Pourquoi ouvrir la porte
ou pourquoi la fermer
s’il y a toujours à sa place quelque chose d’immobile,
une icône impénétrable
qui ne change pas dans l’ouvert et le fermé?
Est-il aussi des roues dont le destin est de ne pas tourner,
de l’eau dont le sens n’est pas de mouiller,
des vents dont l’objet n’est pas de souffler,
du feu dont la fonction n’est pas de brûler?
Si le plus haut consiste
à n’être pas ce qu’on est,
en quel singulier espace
doit-on se séparer de soi-même?
Roberto Juarroz

⦿

bas les masques

29 septembre 2015 § Poster un commentaire

Bas les masques par Kajan(c)

quelques traits vite faits sur ma banquette de métro… quelque part entre la gare et le terminus… est-ce si différent d’être là à dessiner plutôt qu’à m’hypnotiser aux ondes virtuelles de mon téléphone dit intelligent ? 

le masque sourd du visage
mime le visage

délaisse le visage
le masque sourd de la page vide
déguise le vide
lui qui n’est que vide

Yang Lian

fascination par Kajan(c)

rêver …
est-ce ici ou ailleurs ?

D’un et de deux, de tous

Je suis le spectateur et l’acteur et l’auteur
Je suis la femme et son mari et leur enfant
Et le premier amour et le dernier amour
Et le passant furtif et l’amour confondu

Et de nouveau la femme et son lit et sa robe
Et ses bras partagés et le travail de l’homme
Et son plaisir en flèche et la houle femelle
Simple et double ma chair n’est jamais en exil

Car où commence un corps, je prends forme et conscience
Et même quand un corps se défait dans la mort
Je gis en son creuset j’épouse son tourment
Son infamie honore et mon cœur et la vie.

Paul Eluard

Est-ce en ciel par Kajan(c)

parfois même je me demande qui dessine ? …

en spirale

19 septembre 2015 § Poster un commentaire

recherche actuelle

pour un ensemble musical qui propose des concerts à domicile… http://www.leconcertdepoche.ch

clé de fa d'or par Kajan(c)

la musique et ses infinies spirales … ou une allusion à la clé de fa…

coquillage par Kajan(c)

Coquillage cassé
Sur les sables endormis
Dans les bras de la haute mer
Ce gîte ancien
Qui fut le mien peut-être
N’est plus qu’une moitié
De sa spirale première
Au nacre rose
Et je sais que le sable
Remué par la marée prochaine
Emplira parfaitement
Ce trou d’absence
Je sais le vent n’y fera même plus
Ce bruit de grève et rêve
Dont mes oreilles
Orgueilleusement refermées
N’ont cependant pas sacrifié encore
A la clameur du temps
La monodie mélancolique

Coquillage cassé
Sur les sables lointains
De la haute mer
Où donc est passée
La limace
La limace ourlée et fragile
Qui t’habitait ?

S’est-elle exhalée vers
Les rives imaginaires du ciel d’été
Soudain lassée de ta géométrie ?
Coquillage cassé
Sur les sables
Aux confins de la mer
Je ne saurais te dire
Un tel adieu

Gilles Vigneault

il était une fois le 11

13 septembre 2015 § 4 Commentaires

il était une fois le 11 par Kajan(c)

BABEL

Babel, ce fut d’abord des fondations profondes.
Puis des murs, enfin des fenêtres,
des corniches où l’hirondelle commençait à pondre.
Alors, les bâtisseurs parlèrent et la tour s’écroula.
Le tonnerre ? non, les paroles.
Fallait des chants, voilà !

Norge